Répertoire des œuvres
À propos de l'artiste
Photographe, vidéaste, performeur, figure contemporaine du quartier chinois de Québec (aujourd’hui presque entièrement disparu), Benoit Woo porte plusieurs chapeaux. Sa démarche créative s’articule autour du monde du fétichisme et des jeux de rôle. Il aborde la question de l’androgynéité et le travestissement en se mettant lui-même en scène. La représentation de l’artiste s’efface au profit de celle d’une poupée brisée, voire d’un objet banal, sans identité ni sentiment. Bien que cette exploration prenne sa source dans une réflexion personnelle et fantasmatique, elle expose également les archétypes de genres. Les gestes usuels du quotidien, comme se maquiller, se transposent symboliquement en une cérémonie presque religieuse. Le tatouage, le perçage, ainsi que les modifications corporelles deviennent un moyen de concevoir un corps nouveau. Au contact de ces représentations à la codification détournée, le spectateur est intrinsèquement porté à se reconsidérer, car il est confronté à sa propre identité de genre et sur l’image qu’il projette.
Benoit Woo participe à plusieurs expositions collectives, dont «Les cathodiques pratiquants», à la Galerie des arts visuels de l’Université Laval (1999), où il présente la vidéo «Marie-Ève». Il réalise la performance «Voici femme» lors de l’événement «48 heures/48 chambres» coordonné par Ingrid Bachmann, du 7 au 9 mai 1999 à l’hôtel de monsieur Aldo Coviello, sur la rue Saint-Denis, à Montréal. Chez VU à Québec, en 2002, il présente «Rituels matriarcaux» en solo. Artiste impliqué dans les événements de l’organisme Folie/Culture, il crée en 2011 une pièce sonore lors d’un atelier de création en art audio. Woo est connu comme une figure de la scène des arts visuels de la ville de Québec, mais aussi comme un acteur de la mémoire immatérielle du quartier chinois de Québec. Il constitue, entre autres, un musée virtuel de ce quartier mythique: le site est développé sur une seule page que le visiteur peut faire défiler au gré de son envie, rappelant les rouleaux chinois suspendus représentant des illustrations et de la calligraphie.
Benoit Woo, d’origine chinoise, est né à Québec en 1953. Il étudie au Collège Dawson de Montréal où il obtient une attestation d’étude collégiale en photographie commerciale (1994). Il étudie à l’Université Laval au baccalauréat multidisciplinaire (photo et vidéo, arts plastiques et français langue seconde) au début des années 2000. Monsieur Woo est décédé en 2014 à l’âge de 60 ans.
